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Grande enquête – transformation digitale des banques

La banque, secteur stratégique de la transformation digitale

Jadis le pouvoir était aux mains des rois. Désormais, ce sont les banques et les marchés financiers qui le détiennent. Si la banque se fait ubériser avec l’irruption des fintech, du crowdfunding, des actions de la multitude sur Internet et que parallèlement des fragilités existent (affaire Kerviel, Panama Papers, blanchiment d’argent), on peut légitimement s’interroger quant à l’impact sur le citoyen dans sa vie de tous les jours. En ce sens la transformation digitale des banques est emblématique des opportunités et des risques de notre société numérique. Orange l’a bien compris en lançant une banque. Apple et Amazon aussi pour ne citer qu’eux.

Une grande enquête avec des résultats communiqués aux répondants

Une grande enquête est menée. Elle s’adresse aux personnes travaillant au sein de banques, fintech mais aussi des prospectivistes, experts d’Internet, chercheurs, professeurs, consultants.

Grande enquête sur la transformation digitale des banques

L’enquête est disponible ICI.
Merci de nous contacter si vous voulez avoir le lien pour l’enquête en anglais.

Y répondre demande environ 20 minutes. Notons que certaines questions ne s’adressent qu’à des banques ou fintechs.

Une synthèse des résultats sera communiquée en exclusivité aux répondants pour dresser les pistes des évolutions probables de la banque à moyen et plus long terme avec les pratiques observées et supposées.

Très rapide aperçu de la transformation digitale des banques en France

La typologie en 5 catégories (attentistes, impressionnistes, externaliseurs, intégrateurs, transformateurs) décrite dans le livre Transformation digitale peut être reprise pour les banques. Beaucoup entrent dans la catégorie des impressionnistes en tentant d’occuper le terrain médiatique, en étant actif sur les réseaux sociaux. Pour autant, il n’existe pas à proprement parler de transformateur. Certaines banques françaises ont des filiales assez dynamiques dans la transformation digitale pour être dans la mouvance des externaliseurs (par exemple EasyBourse au sein de La Banque Postale, même si elle vient cannibaliser La Banque Postale). La Société Générale, qui a acquis Boursorama, un des pionniers en France de la banque en ligne est dans ce cas un bon exemple d’intégrateur. Certaines banques se dotent de structures d’innovation agiles comme le Crédit Mutuel Arkéa mais surtout la BNP Paribas avec L’Atelier mais il reste à transformer ce think tank en do tank pour être véritablement créateur de valeur et générateur de nouveaux services pour la banque de demain.

Ubérisation des banques ?

Les banques, dans leur ensemble, lancent des expérimentations souvent sous forme de PoC, s’orientent vers plus de services sur mobile tout en maîtrisant davantage la sécurité par rapport aux risques sur smartphones insuffisamment protégés (code d’accès au smartphone à 4 voire 6 chiffres). Toutefois rares sont celles qui, par exemple, affichent pour la vision des opérations effectuées sur les comptes un rendu en quasi temps réel. Ainsi la banque HSBC dont le siège est à Londres permet lors d’une opération de paiement sur carte bancaire de la rendre visible sur son compte en ligne quasi-immédiatement alors que les remontées dans les systèmes d’information de La Banque Postale sont opérées en J +1 voire J + 2 du fait de bases de données plus lourdes et complexes. Une réelle difficulté tient à la migration des données historiques dans des systèmes plus agiles à la mode Web.

Par ailleurs on dénote une cohabitation de pratiques nouvelles avec des archaïsmes comme des banques qui facturent des frais de tenues de compte ce qui équivaut à générer des intérêts négatifs. La tendance est plutôt pour les générations Y et Z, qui sont les clients en développement pour aujourd’hui et demain, d’être dans l’esprit des GAFA : gratuité d’utilisation contre exploitation des données. Ainsi il ne serait pas utopique pour les banques de proposer la gratuité de la carte bancaire contre une revente à des tiers des données collectées lors des transactions. C’est le sens du big data. L’acceptation sera en revanche plus difficile d’un point de vue culturel par les générations X et antérieures.

Enfin, l’aspect forte éclosion des fintechs et le développement du crowdfunding sans compter les évolutions d’ordre légal et juridique impactent fortement les banques et leur stratégie. Des initiatives sont faites au cas par cas par les grandes banques françaises. Mais il reste à passer à la vitesse supérieure pour ne pas se faire ubériser un jour prochain… Sans compter la généralisation dans de multiples sphères des crypto-monnaies à la bitcoin, des systèmes de paiement PayPal rapides et peu contraignants, etc.

Dans le cadre de nos travaux et afin d’alimenter nos réflexions mutuelles, tout retour d’expérience dans la transformation digitale des banques nous intéresse au plus haut point.